Ecrits au sujet de son œuvre
J’avais appris que l’apparence des
choses existait en fonction d’une structure qui
n’était pas toujours visible, et que par exemple,
l’expression ou l’attitude d’un corps humain
dépendait surtout de sa morphologie. Conservant cette
règle générale, j’ai fait table rase de tout
le reste.
N° C.R. 121, Gouache, 1958, 50x40 cm
N° C.R. 190, Relief, 1959, 27x22 cm
N° C.R. 191, Twisted
Strings, 1959, 27x22 cm
Seule comptait la recherche d’expression
exempte d’ambiguïté, réduite à
l’essentiel de sa forme, systématiquement et infiniment
reproductible.
Cet élément était finalement
la surface même de l’œuvre, c’est-à-dire
le papier, la toile, dans son concept de surface et non de
matérialité de l’épaisseur de matière
papier ou toile etc.; donner une troisième dimension à la
surface était une préoccupation constante et c’est
en la faisant pivoter sur elle-même, donc sans adjonction
d’autres ingrédients, que petit à petit la surface
devenait tridimensionnelle; par simple rotation sur elle-même.
N° C.R. 1181, Twisted
Strings, 1977, 130x130 cm
En 1959 mon graphisme devenait tridimensionnel,
c’était la TORSION.
Mon but était atteint:
l’uniformité de la couleur
l’uniformité de la structure
l’uniformité du matériau
employé
Groupé en séquences de suites
logiques ou systématiques, mon travail est de formation
sérielle (répétition
d’éléments de caractère semblable).
Accrochant la lumière, sa structure tridimensionnelle est en
opposition avec la surface plane du support sur lequel elle projette
son ombre.
Avant son achèvement final
l’œuvre d’art passe par plusieurs stades
d’évolution dans l’esprit de l’artiste. Au
lieu de globaliser cette évolution dans une seule œuvre,
j’essaie d’en fixer les différents stades de
développement dans des œuvres successives, témoins
de mon évolution.
Ainsi, l’élément “temps
de réflexion” est intégré dans
l’œuvre d’une façon plus substantielle et
s’apparente à l’expression musicale où la
succession de notes, de tons, d’accords, dans le temps, forment
à la fin dans notre mémoire la mélodie que le
compositeur a voulu nous faire entendre.
N° C.R. 1156 (phase I & II), Twisted Strings, 1976, 81x65
cm