Jan Hoet, Gand, 2001
Walter Leblanc: Maître dans le jeu du
mouvement, lumière et vibration
La peinture dite “informelle” de
Leblanc est le résultat d’une tension, d’une
interaction de règles strictes et de la liberté
créatrice. Il a maintenu un système dans un certain sens
très rigide, qu’il avait fixé, mais en essayant
sans cesse de le dépasser de façon inventive.
La flexibilité des limites de ce cadre a
été continuellement sollicitée, les limitations
ont été infléchies pour devenir des
possibilités. C’est justement cette manière
“contrariante” de travailler qui a fait que Walter Leblanc
a créé une œuvre dérangeante qui intrigue
toujours beaucoup, dans laquelle le rythme, l’ordre, le jeu avec
les séries et la lumière, la perception humaine occupent
une place centrale. J’admire la persévérance, la
motivation et la logique extrême avec laquelle Leblanc a
donné corps au fil des ans à cette œuvre – qui
flotte à mi-chemin entre l’abstraction et la figuration.
(…)
La façon dont il a su concilier la
sévérité de structures formelles et
l’enthousiasme avec l’expression libre propre à la
poésie peut donc être appelée unique. D’une
façon indirecte, cet artiste a démontré que la
logique et la systématique ne doivent pas nécessairement
être cliniques et stériles. Il a réussi à
créer un genre d’art “interactif” avant la
lettre, où l’apport du spectateur – qui contribue
consciemment ou non à recréer l’œuvre –
est crucial.
N° C.R. 1085, Torsions, 1974, 100x100 cm